Vous êtes rentré de vacances et pourtant vous vous sentez vide, hagard ? Votre esprit ne cesse de rêvasser à ces doux moments passés sur le navire le dernier paquebot MSC, Costa, Royal Caribbean ou Variety Cruise. Et pendant que vos yeux dénués de toute expression fixent sans conviction l’écran inerte de votre ordinateur sur votre lieu de travail vous vous dites alors une chose : « et si je souffrais d’une dépression post-croisière ? »

- Reconnaître ses symptômes
- 1. La photographie, le baume à appliquer d’urgence
- 2. Prescription d’une page d’écriture par jour
- 3. La nourriture : l’antibiotique trois fois par jour
- 4. Auto-diagnostic : recréer votre plus beau souvenir
- 5. Une cuillère à soupe de réseaux sociaux
- 6. Réaménager son domicile
- 7. Ultime prescription : partir un nouveau voyage
Reconnaître ses symptômes
Après tout, tous les symptômes sont là. Une envie féroce de savourer un cocktail, sur un transat, proche de la piscine, un besoin vital de se laisser bercer par le bruit des vagues ou de déguster les plaisirs suaves de la haute gastronomie. Ne vous y trompez plus, vous êtes malade. Dépendant à la croisière. Comment vous soigner ? Comment s’en débarrasser ? Comment aller mieux ? Ne vous inquiétez pas, nous allons vous livrer le secret de la cure dans cet article.
Premier réflexe à avoir lorsque vous souffrez de syndromes post-croisière, cest de reconnaître la maladie. Ne niez pas. Admettre sa pathologie c’est faire un premier pas vers la guérison. Alors, tâchez de respecter à la lettre la prescription que nous allons vous suggérer et faites tout de même attention aux effets secondaires.

1. La photographie, le baume à appliquer d’urgence
Une fois la croisière terminée et les pieds posés à terre, votre tête fourmille encore de millier de souvenirs. Entre nourriture, escales, paysages et autres réminiscences de votre périple en mer, il est désormais vital pour vous de remonter à bord d’un paquebot. Face à cette triste réalité, le seul moyen que vous avez trouvé afin de revivre inlassablement ces moments, c’est d’abreuver continuellement votre entourage d’anecdotes en tout genre.
Mais la vérité, c’est que plus personne ne s’intéresse à vos aventures devenues lassantes. Le premier remède qui s’offre à vous n’est autre que d’ouvrir un compte Instagram et de partager sur la toile vos récits et autres clichés de voyage afin de laisser la paix à votre entourage.
C’est le moment le plus opportun pour lâcher le Philip Plisson ou le Yann Arthus-Bertrand qui sommeillent en vous et de laisser libre cours à votre imagination d’artiste débridé. Retrouvez vos meilleures images et publiez-les au minimum cinq fois dans la semaine, mais au maximum une fois par jour.
Conseil : respectez la dose prescrite au risque de saturer l’organisme du réseau social et de vos « followers ».
Effets secondaires : probabilité assez élevée de développer un fort sentiment d’égocentrisme et de narcissisme. Ne tombez pas dans l’effet Kardashian, vos photos n’intéressent (presque) que vous.

2. Prescription d’une page d’écriture par jour
La rubrique qui suit est fortement plébiscitée par les membres survivants d’une famille dont l’un des leurs est parti en croisière. Sous l’effet de la jalousie et du trop-plein d’histoires, ces derniers nous ont demandé d’intervenir, voire mieux, d’agir. D’empêcher tous les nouveaux récalcitrants qui subissent l’effet d’une dépression post-croisière de bombarder inlassablement les discussions du dimanche midi de leurs histoires et potins inutiles, voire, futiles. Pour couper court au feuilleton de votre vie qui n’intéresse plus personne hormis vous, il vous faut alors pencher sur le papier les souvenirs qui vous hantent jour et nuit.
Alliez donc l’utile à l’agréable en postant sur une page de commentaires d’un site de croisière votre avis sur le voyage. Racontez diverses historiettes que vous avez vécues, écrivez autant que votre bagou vous le permet, et incitez les néophytes dans la croisière à se joindre à vous lors de votre prochaine session d’aventure en mer.
Conseils : c’est le moment de laisser parler votre plume d’artiste et d’écrivain. Alors soignez votre vocabulaire pour impressionner vos proches au risque de devenir le prochain JUL de votre quartier.
Effets secondaires : impression d’appartenir à la gent critique de la classe sociale et de devenir le Jean-Pierre Coffe des voyages en croisière.

3. La nourriture : l’antibiotique trois fois par jour
Bien souvent, l’un des effets les plus compliqués à gérer lors d’un syndrome post-croisière, c’est de pouvoir contrôler le manque de bonne nourriture. Par « bonne nourriture », nous entendons surtout les bons petits plats préparés par les chefs où vous n’aviez absolument rien à faire hormis de poser les pieds sous les tables et d’attendre patiemment le repas. À présent vous êtes de retour et par manque de temps et/ou d’envie, vous ne mangez que pour satisfaire votre satiété. Horrible n’est-ce pas ?
Face à ce problème majeur, quelques internautes ont révélé leurs conseils et astuces. Quand certains dévorent avec avarice les chocolats mis à disposition par les membres de l’équipage, d’autres les cachent soigneusement afin de les déguster de retour chez eux.
Histoire « d’emporter un petit souvenir chez soi et de revivre l’instant au travers d’un bout de nourriture ». À l’inverse, une petite partie d’anciens voyageurs parviennent à recréer le plat du chef. L’occasion idéale pour se ressourcer et se donner l’impression d’être de nouveau en croisière.
Conseils : Mélangez une cuillère de bonne humeur avec deux pincées de votre recette préférée et vous obtiendrez un plat convivial à partager à plusieurs.
Effets secondaires : variation de risque entre petite et grosse prise de poids. La nourriture, c’est bon, mais fatal pour vos hanches.

4. Auto-diagnostic : recréer votre plus beau souvenir
En corrélation avec le paragraphe susnommé, il est nécessaire pour sa mémoire et son moral, de savoir recréer son beau plus souvenir de vacance. Cela peut être réalisé au cours d’une séance de projection photos avec des amis qui ne connaissent pas encore votre périple, ou bien tout seul aucun jugement. Mais aussi, par le biais d’un bon repas où vous essayez vos talents de chef culinaire en reproduisant votre recette coup de coeur lors de votre croisière. Ou mieux encore, de pasticher la composition de votre cocktail préféré. Rien de plus simple puisque grâce à quelques clics sur le Net vous retrouverez illico votre boisson favorite du séjour.
Conseils : filez à Nature & Découverte acheter le premier livre de recettes de cocktails à faire chez soi et essayez-les tous !
Effets secondaires : petite dépendance à l’alcool. À boire avec modération. Bien évidemment.

5. Une cuillère à soupe de réseaux sociaux
Lors de cette étape, vous entamez la phase descendante. Celle de la dépendance. Vous commencez à regretter amèrement vos vacances sous les tropiques, sans votre patron sur le dos ou vos collègues à la voix nasillarde. Vous aspirez alors à de la sérénité et vous avez fortement besoin d’une pause. Problème : l’heure n’est pas encore au farniente. Dès lors, comment faire pour s’immerger dans une bulle de tranquillité ? Réponse : Instagram. Encore une fois.
Le moment est venu pour vous de plonger, tête la première, dans le monde des réseaux sociaux et de vous insérer dans un groupe de voyageurs. Soit vous décidez de pratiquer la thérapie seul de votre côté en vivant par procuration les vacances des autres au travers de leurs photos et vidéos de voyage ; ou vous décidez de partager et de commenter au travers d’un groupe. Le choix est libre et n’appartient qu’à vous. Mais sachez que les deux solutions fonctionnent et vous apporteront plus ou moins de réconfort.
Conseils : afin de séparer votre vie privée de votre nouvelle vie d’instagrameur, créer un compte sous un pseudo. Ainsi vous serez plus libre de développer sans gêne votre diaporama de photos de croisière.
Effets secondaires : forte probabilité de dépense au téléphone. La vie des autres n’est pas la vôtre, n’oubliez pas que vous avez une vie réelle.

6. Réaménager son domicile
Cette avant-dernière solution est un peu optionnelle et est à destination des plus déterminés d’entre vous. Dans le cas où la croisière vous a fortement marqué et que vous souffrez de vertiges, nausées et tremblements à l’idée de fouler continuellement la terre ferme, alors c’est que vous êtes comme la petite sirène, le monde terrestre n’est pas fait pour vous. Malheureusement vos finances ne vous permettent pas de partir comme vous le souhaitez. Alors il nous reste plus que cette option radicale : décorer votre intérieur comme le Nautilus de Jules Vernes, ou le sous-marin du commandant Cousteau.
Accrochez un hublot au-dessus de votre taie d’oreiller, quelques cordes et noeuds de marins au pied de votre lit, quelques décorations marines sur vos étagères et meubles, changez vos draps et linges de maison à l’instar de ceux des croisières que vous avez faites, créez des origamis en forme d’animaux grâce à vos serviettes de bain et vous aurez alors l’illusion de n’être jamais parti. Enfin presque.
Conseils : laissez libre court à la Valérie Damidot qui sommeille en vous pour la décoration intérieure. C’est le moment de vous faire plaisir !
Effets secondaires : dépression de serviette de bains qui serviront uniquement en décoration et à votre entourage qui ne voudra plus jamais revenir chez vous. Mais au moins, vous aurez la paix.

7. Ultime prescription : partir un nouveau voyage
Si vous avez déjà tout essayé et que rien ne marche, alors il ne reste plus qu’une seule solution : repartir en voyage et choisir une nouvelle destination de croisière. Attention, ne faites pas l’erreur de choisir le même parcours que votre dernier périple sous prétexte qu’il était incroyable ! Choisissez plutôt une nouvelle destination, un nouveau paquebot, une nouvelle aventure. Bref, combattez le feu par le feu et réservez vite une nouvelle croisière, c’est le seul moyen de vous sortir de cette spirale infernale et de vous remonter le moral.
Conseil de dernière minute : si les symptômes persistent encore, contacter votre agence de croisières au plus vite !
Effets secondaires : dépendance à la croisière et post-dépression de croisière. Retour à la case départ. Mais au moins les vacances étaient agréables.