Souvent confondus, rarement différenciés, l’Arctique et l’Antarctique sont pourtant deux lieux situés aux antipodes l’un de l’autre. Nord ou Sud, comment les différencier pour ne plus se tromper ?
Pouvez-vous dire précisément où se situent l’Arctique et l’Antarctique ? Lequel est au Sud, et lequel se trouve au Nord du globe ? Une bonne fois pour toutes, voici la réponse : l’Arctique se trouve au pôle Nord et l’Antarctique au pôle Sud.
Pourtant, si ces deux terres se ressemblent, plus de 20 000 kilomètres séparent ces deux bouts du monde, la différence a dû mal être établie. Entre terre de glace ou mer glacée, hospitalière ou séculaire, quelles sont les principales différences entre ces deux extrémités terrestres ? Réponses.
Terre de glace ou glace de mer ?
La première différence notoire entre ces deux continents est de nature géologique. L’Arctique se compose essentiellement d’eau de mer gelée. Nous pourrions dire que grossièrement, c’est un peu comment une immense banquise. L’ Arctique est donc une immense mer de glace entourée de terre qui s’étend sur six pays bordiers à l’Océan Arctique : Canada, Alaska (États-Unis), Groenland (Danemark), Russie, Norvège et Islande.

L’Antarctique, de son côté, est considéré comme un continent à part entière. Facile de le retenir grâce à l’expression utilisée par Michel Berger « j’aimerais m’envoler vers ce paradis blanc ». Plus sérieusement, historiquement nommé « le Continent Blanc », l’Antarctique se compose à 98% d’une calotte glaciaire, autrement dit, on trouve une croûte terrestre nichée sous son épaisse couche de glace, et où l’on peut retrouver montagnes et volcans.
Les scientifiques, eux, préfèrent non pas parler de continent, mais plutôt d’un « archipel caché sous une épaisse couche de glace » de 2 300 mètres en moyenne et des montagnes culminant à 4 897 mètres. En comparaison, l’Antarctique fait 25 fois la France.

Grandes glaces pour grands horizons
Isberg (en suédois) signifie littéralement : montagne. Les Icebergs de l’Arctique viennent des calottes qui coulent vers la mer, ce qui donne cet aspect déchiqueté et écorché aux glaciers. En raison des séracs violents, les icebergs arctiques sont principalement de taille moyenne, mais sont incroyablement et déraisonnablement massifs.
En revanche, on trouvera les plus grands Icebergs en Antarctique. Normal, si l’on suit la logique annoncée plus haut. En raison de ses montagnes et de son paysage volcanique, le pôle Sud présente des icebergs époustouflants.

Terre de vie ou terre inhospitalière ?
La deuxième différence à noter concerne les lieux de vie sur ces terres de glace. Au pôle Nord, en Arctique, vivent des populations d’autochtones répartis sur différents endroits. Au nord de l’Amérique, ce sont les Inuits. En Europe du Nord, les Sames. En Sibérie, les Yakoutes. Tandis que ces habitants composent avec ces terres abruptes, les animaux sauvages et une nature indomptée couplée aux chutes de température conséquentes, l’Antarctique est resté vierge de toute présence humaine jusqu’aux années 1821, après les premières expéditions. A l’instar du roman La Nuit des Temps, de l’auteur René Barjavel l’Antarctique n’est habité que par quelques bases scientifiques au cours de l’année.

Température hivernale ou glaciale ?
L’Antarctique est de loin le continent le plus froid de la planète, avec des baisses de température enregistrées jusqu’à -93,2°. Les scientifiques s’accordent à dire que les températures diminuent vers l’intérieur du continent, mais également en fonction de l’altitude. La partie la moins inhospitalière se trouve le long de la côte ouest, vers la partie océanique, là où les températures ne descendent pas en dessous de 0°C durant les mois d’été et de -10°C en plein hiver.
A contrario, en Arctique, les thermomètres varient assez abruptement. La région se caractérise plutôt par des hivers longs et froids, et des étés courts et tièdes. On peut passer de températures hivernales de -40°C à 0°C, avec des chutes allant jusqu’à -50°C. En été, la moyenne veut que le climat ne dépasse que rarement la barre des 10°C. Exceptionnellement, certaines régions atteignent parfois les 20°C.

Sang chaud pour très grand froid
Dernière différence : la faune locale. L’Arctique, comme l’entend si bien sa racine grecque arktos signifiant ours, est la terre des ours polaires. On peut aussi rapprocher le terme de l’antiquité, lorsque les navigateurs prenaient la direction de la Grande Ourse et de la Petite Ourse pour s’y rendre.
Ces prédateurs au pelage aussi blanc que le nacre, partagent leur milieu de vie aux côtés d’autres espèces tels que les renards polaires, les caribous, les chouettes harfangs ou encore les bœufs musqués, les narvals et les baleines boréales.
On y trouve aussi la Sterne arctique, une espèce d’oiseau qui parcourt plus de 35 000 km pour sa saison migratoire d’Arctique à Antarctique, des bélugas ainsi que des morses et des phoques.

A contrario, en Antarctique, on trouvera beaucoup plus d’espèces d’oiseaux, avec plus de 40 espèces répertoriées. En outre, on peut aussi y observer des baleines, des phoques, des éléphants de mer ou encore des manchots.
Des manchots quatre espèces vivent en Antarctique. Mais si manchots à jugulaire et papous fréquentent la péninsule, seuls les Adélie et les empereurs nichent sur le rivage des côtes. Ces derniers se regroupent d’ailleurs par milliers sur les banquises, formant ainsi des « rookeries », pour se tenir chaud durant les grandes baisses de température.
En raison d’une présence partielle de l’homme, les animaux de l’Antarctique sont moins peureux, ce qui paraît aux visiteurs d’un jour de les approcher plus amplement que ceux de l’Arctique, plus peureux. Dans les deux cas, le spectacle promet d’être incroyable et de couper le souffle.

